Satire politique · mauvaise foi explicitement signaléeL’advarPrésidentielles · pré-édition 2027
La branche satirique de L’advarPrésidentielles
Le Bégémot
Raisonnements volontairement absurdes, quelques réalités qui ont l’air inventées, détournements, jeux et mèmes : la satire a sa propre Une, et les rares fiches factuelles du Puits sont explicitement signalées et sourcées.
Absurdités et réalités documentées
Le Puits du Fou
Parfois nous choisissons la conclusion avant les preuves. Parfois nous faisons exactement l’inverse et c’est encore plus inquiétant. Le Puits mélange désormais théories volontairement pétées et quelques faits réels qui ressemblent à des théories du complot. Les fiches « Hélas vrai » sont explicitement signalées, sourcées et limitées à ce que les documents permettent d’affirmer.
Théorie pétée · circulation
Pourquoi nous force-t-on à rouler à droite ?
« Nous forcer à rouler à droite est une façon implicite de nous persuader qu'on est plus en sécurité à droite. »
Éléments de preuve totalement accablants™
Le Code de la route ne cesse de nous apprendre à rester à droite, à serrer à droite et à nous rabattre à droite.
Pour dépasser, il faut partir à gauche. Mais cette incursion est temporaire : une fois le danger passé, retour obligatoire à droite.
On nous apprend donc très tôt qu'à gauche, on ne fait que passer ; à droite, on rentre dans sa voie.
Et quand deux trajectoires se croisent, il existe même une priorité à droite. Là, ils ne se cachent pratiquement plus.
La gauche n'est autorisée que pour dépasser. CQFD.
Hélas vrai · privatisation
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
L’État a-t-il vendu les sociétés d’autoroutes avant de découvrir qu’elles rapporteraient énormément à leurs nouveaux propriétaires ?
« On privatise pour encaisser tout de suite, puis on regarde passer pendant des années les péages et les dividendes. »
Ce qui est réellement documenté
La privatisation des sociétés concessionnaires historiques en 2006 a rapporté 14,8 milliards d’euros à l’État, qui a aussi été déchargé de 16,8 milliards d’euros de dette des sociétés.
En 2020, une commission d’enquête du Sénat a estimé que le processus de cession avait fait perdre 6,5 milliards d’euros de recettes potentielles à l’État, soit 7,8 milliards en valeur 2020.
L’étude indépendante commandée par la commission estimait que Vinci et Eiffage atteindraient autour de 2022 la rentabilité actionnariale attendue lors de la privatisation, environ dix ans avant la fin des concessions concernées.
Le même scénario projetait environ 40 milliards d’euros de dividendes après 2022 sur les concessions étudiées, tout en rappelant que ces chiffres reposent sur des hypothèses de trafic, de péages, de dette et de coûts qui restent incertaines.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Le Happy Meal non genré a-t-il été rendu nul exprès ?
« Avant le Happy Meal, c'était jouet fille ou garçon. Maintenant, c'est jouet nul ou livre nul. C'est un complot pour qu'on croie que ne pas promouvoir les normes de genre, ça rend tout nul. »
Éléments de preuve totalement accablants™
Avant, le choix était explicitement genré : jouet fille ou jouet garçon. Le produit venait donc avec sa petite notice sociale intégrée.
Puis la distinction fille/garçon disparaît. Très bien. Mais, dans le même temps, l'offre peut donner l'impression d'être devenue moins excitante : un jouet quelconque ou un livre qu'un enfant n'avait pas forcément demandé.
Le cerveau fait alors ce qu'il fait de mieux : il confond deux changements arrivés en même temps. Fin du choix genré + baisse perçue de fun = la neutralité serait responsable du jouet nul.
Quelques années de ça et la nostalgie fait le reste : « avant, au moins, les cadeaux étaient bien ». Or « avant » correspond justement à l'époque où l'on demandait fille ou garçon.
Résultat parfait : personne n'a besoin de défendre directement les normes de genre. Il suffit de faire croire que leur disparition a mystérieusement rendu le Happy Meal moins drôle.
On n'a pas supprimé les normes de genre : on leur a organisé une campagne de réhabilitation. CQFD.
Hélas vrai · patronat & extrême droite
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Une partie du patronat s’est-elle accommodée du RN quand l’alternative de gauche lui paraissait plus inquiétante ?
« Le « barrage » devient parfois étonnamment poreux quand le programme économique d’en face menace davantage les intérêts patronaux. »
Ce qui est réellement documenté
Pendant les législatives anticipées de juin 2024, Patrick Martin, président du Medef, a déclaré que le programme du RN était dangereux pour l’économie, mais que celui du Nouveau Front populaire l’était « tout autant, voire plus ».
Le Monde a documenté au même moment un effritement du cordon sanitaire dans certains milieux économiques : beaucoup de dirigeants interrogés ne disaient pas avoir basculé vers le RN, mais une partie d’entre eux se préparait davantage à composer avec lui.
Des fédérations sectorielles et organisations patronales ont reçu les représentants des principales coalitions, dont le RN, afin d’examiner leurs programmes économiques.
Cela ne décrit pas « les patrons » comme un bloc : d’autres dirigeants d’entreprise ont publiquement combattu le RN et le Medef n’a pas appelé à voter pour lui.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie — mais seulement avec les mots « une partie ».
Les réunions qui auraient pu être un mail empêchent-elles la révolution ?
« Le capitalisme a compris qu’un salarié qui dispose encore de deux heures d’énergie mentale après sa journée devient dangereux. »
Éléments de preuve totalement accablants™
Plus une réunion est inutile, plus elle est longue ; plus elle est longue, moins elle produit de décisions.
Moins elle produit de décisions, plus il devient nécessaire d’organiser une nouvelle réunion pour « se refaire un point ». Le système se reproduit donc tout seul.
Une réunion placée à 16 h 30 absorbe précisément le reliquat d’attention qui aurait pu servir à lire, discuter avec ses collègues, s’organiser ou rejoindre un syndicat.
Et tout cela arrive dans des entreprises qui disposent déjà de mails, de messageries instantanées et d’agendas partagés. L’hypothèse de l’accident devient franchement fragile.
La réunion de 16 h 30 n’est pas un problème d’organisation. C’est une doctrine contre-révolutionnaire. CQFD.
Hélas vrai · argent public
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
L’État verse-t-il tellement d’aides aux entreprises qu’il n’en connaît même pas le total exact ?
« On peut avoir des milliers de dispositifs d’aide et devoir créer une commission d’enquête pour savoir combien ils coûtent ensemble. »
Ce qui est réellement documenté
En 2025, une commission d’enquête du Sénat a expliqué avoir dû produire elle-même une estimation, faute de données officielles consolidées permettant de chiffrer précisément l’ensemble des aides publiques aux entreprises.
Selon son périmètre large, l’ordre de grandeur atteint au moins 211 milliards d’euros pour 2023 ; selon un périmètre plus strict, l’estimation tombe à 108 milliards.
Le périmètre large additionne notamment subventions, dépenses fiscales, allègements de cotisations sociales et interventions financières de Bpifrance : ce n’est donc pas un chèque annuel unique versé aux entreprises.
Le Sénat recensait par ailleurs plus de 2 200 dispositifs et précisait que certaines aides locales ou européennes restaient encore hors du chiffrage faute de données suffisamment robustes.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie, mais qu’il faut toujours demander « avec quel périmètre ? ».
Les imprimantes ont-elles été conçues pour vous faire paraître moins productif ?
« Personne n’aurait volontairement inventé un appareil capable de manquer simultanément de papier, de toner, de connexion et de dignité. Sauf avec un objectif. »
Éléments de preuve totalement accablants™
L’imprimante fonctionne parfaitement pour une page de test, puis refuse précisément le document nécessaire à une réunion dans quatre minutes.
Elle peut réclamer du cyan pour imprimer en noir : il ne s’agit donc manifestement plus d’imprimer, mais d’établir un rapport de force.
Dix minutes de travail administratif deviennent quarante minutes passées à ouvrir des trappes, redémarrer une file d’attente et chercher quel bac contient pourtant déjà du papier.
Pendant ce temps, les indicateurs de productivité continuent de tourner. À la fin, ce n’est pas l’imprimante qui paraît lente : c’est vous.
Le salarié n’est pas improductif : les capitalistes lui ont installé une imprimante. CQFD.
Hélas vrai · fiscalité & finance
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Des acteurs financiers ont-ils réussi à se faire rembourser plusieurs fois le même impôt ?
« Le fisc rembourse une retenue à la source. Puis, à cause d’un montage sur les actions, plusieurs personnes peuvent donner l’impression d’avoir droit au même remboursement. »
Ce qui est réellement documenté
Le Parlement européen décrit les montages CumEx comme des opérations sur actions permettant de brouiller l’identité du propriétaire réel et à plusieurs parties de réclamer le remboursement d’une retenue fiscale qui n’avait été payée qu’une fois.
Une résolution européenne de 2018 a cité des estimations publiques allant jusqu’à 55,2 milliards d’euros de pertes de recettes fiscales pour les États concernés.
Le Parlement a ensuite rappelé en 2022 qu’une enquête plus récente estimait autour de 140 milliards d’euros les pertes liées aux schémas CumEx et CumCum sur la période 2000-2020.
Ces montants sont des estimations et CumEx et CumCum ne recouvrent pas exactement les mêmes pratiques ni le même statut juridique dans tous les pays.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie. Le tableur, lui, avait probablement l’air impeccable.
Le changement d’heure sert-il à maquiller les comptes publics ?
« Deux fois par an, l’État modifie officiellement l’heure sans fournir à la population le moindre relevé comptable indiquant où elle est passée. »
Éléments de preuve totalement accablants™
En octobre, une heure apparaît mystérieusement. En mars, elle disparaît. Aucun reçu n’est remis aux citoyens.
L’opération ne fait l’objet d’aucune ligne budgétaire intitulée « régularisation temporelle », ce qui est exactement ce qu’on attendrait d’une régularisation temporelle dissimulée.
Le changement intervient pendant le week-end, lorsque l’attention économique et administrative est réduite. Coïncidence extrêmement pratique.
Depuis des décennies, nous parlons de dette publique en euros alors que personne n’a sérieusement audité le stock national d’heures ajoutées puis retirées.
La dette française est peut-être simplement de plusieurs millions d’heures mal comptabilisées. CQFD.
Hélas vrai · fiscalité & finance
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Un État a-t-il accordé à Apple un avantage fiscal illégal avant de contester l’ordre de le récupérer ?
« Même quand Bruxelles vous dit « récupérez jusqu’à 13 milliards », un contentieux de plusieurs années peut encore commencer. »
Ce qui est réellement documenté
En 2016, la Commission européenne a conclu que deux rescrits fiscaux irlandais avaient permis à Apple de payer substantiellement moins d’impôt que d’autres entreprises, ce qui constituait selon elle une aide d’État illégale.
La Commission avait ordonné à l’Irlande de récupérer jusqu’à 13 milliards d’euros d’impôts impayés, plus intérêts, pour la période couverte par les règles européennes de récupération.
L’Irlande et Apple ont contesté cette décision. Le Tribunal de l’Union l’a annulée en 2020.
Le 10 septembre 2024, la Cour de justice de l’Union européenne a annulé ce jugement et confirmé définitivement la décision de la Commission : l’Irlande avait accordé à Apple une aide illégale devant être récupérée.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie, arrêt de la Cour de justice à l’appui.
Pourquoi appelle-t-on les traceurs des « cookies » ?
« Il fallait le nom d’un des meilleurs biscuits du monde pour nous faire cliquer sur « Accepter » avec le sourire. »
Éléments de preuve totalement accablants™
« Ce site souhaite déposer des fichiers pour suivre certains usages » ne donne pas particulièrement faim. « Cookies », en revanche, évoque immédiatement quelque chose de beaucoup plus sympathique.
Le mot convoque le chocolat, le beurre et la pâtisserie maison, absolument pas une bannière de consentement longue comme un contrat d’assurance.
Même les formulations techniques ont fini par produire des « cookies essentiels », comme si refuser un biscuit mettait soudain en danger le fonctionnement de la République numérique.
Le tour de force lexical est complet : une technologie abstraite et parfois intrusive porte le nom d’un truc que l’on accepte normalement quand quelqu’un nous en tend un.
Le pistage publicitaire est beaucoup plus facile à faire accepter avec du chocolat imaginaire. CQFD.
Hélas vrai · fiscalité & finance
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Peut-on être assez riche pour payer l’IFI et avoir un impôt sur le revenu nul ou négatif ?
« Patrimoine immobilier taxable d’un côté, impôt sur le revenu à zéro de l’autre : les deux peuvent parfaitement coexister. »
Ce qui est réellement documenté
Un rapport de la commission des finances du Sénat publié en juin 2026 recense 13 324 foyers assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière ayant acquitté un impôt sur le revenu nul ou négatif en 2024.
Le rapport précise qu’une partie des situations correspond à des revenus réellement faibles malgré un patrimoine important.
Mais il conclut aussi que l’optimisation du revenu fiscal de référence, voire la « suroptimisation fiscale », explique une part significative du phénomène.
« IR nul » ne signifie pas « aucun impôt » : ces foyers restent notamment assujettis à l’IFI et peuvent supporter d’autres prélèvements.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie. La richesse et le revenu fiscal ne sont décidément pas la même colonne.
Excel a-t-il été créé pour faire passer l’administration pour incompétente ?
« Une administration correctement équipée pourrait accomplir des choses. Il fallait donc lui offrir un outil capable de transformer une base de données en 47 onglets et une cellule fusionnée dont dépend l’avenir d’une commune. »
Éléments de preuve totalement accablants™
Dès qu’un processus devient important, quelqu’un finit par créer « TABLEAU_FINAL_v7_VRAI_FINAL_2.xlsx ». Personne ne sait qui possède désormais la version finale.
Le fichier est envoyé par mail à cinq personnes. Chacune modifie sa copie. Une sixième personne reçoit ensuite la mission officielle de « consolider ».
Quelques mois plus tard, la lenteur produite par ce bricolage devient une preuve que « l’administration est trop lourde », alors que l’outil et l’organisation du travail ont disparu du diagnostic.
Et lorsque le système ralentit, la solution proposée n’est curieusement pas toujours de donner de meilleurs outils et davantage de moyens aux agents : elle peut être de réduire encore les moyens.
Excel n’est pas un tableur. C’est un programme politique de privatisation avec quadrillage. CQFD.
Hélas vrai · patronat & extrême droite
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie.
Des industriels ont-ils financé la campagne d’Hitler après l’avoir entendu promettre d’éliminer la menace communiste ?
« Réunion avec des grands industriels, discours sur la propriété privée et le communisme, puis collecte d’un fonds électoral : oui, cette scène a existé. »
Ce qui est réellement documenté
Le 20 février 1933, quelques semaines après la nomination d’Hitler comme chancelier, des dirigeants industriels et financiers allemands sont réunis à Berlin avec Hitler et Göring.
Des pièces produites après-guerre et les archives des procès de Nuremberg décrivent un discours de Hitler présentant notamment la lutte contre le communisme et la défense de l’entreprise privée, avant une demande de soutien financier.
Hjalmar Schacht propose alors de réunir un fonds de trois millions de Reichsmarks pour la campagne électorale ; des versements d’entreprises sont ensuite documentés.
Cet épisode ne signifie pas que « les industriels ont créé Hitler » ni que tout le patronat allemand l’avait soutenu depuis le début. Il documente en revanche un soutien financier concret d’une partie des élites économiques une fois Hitler au pouvoir.
La rédaction regrette de vous informer que celle-ci est vraie — et qu’elle est dans les archives de Nuremberg.
Un dilemme absurde, débile ou franchement infernal de vieux « Tu préfères ? » face à une proposition anarcho-communiste formulée avec exactement le même sérieux.
Jeu satirique. Ceci n’est pas un sondage : aucun profil politique n’est calculé et aucune réponse n’est enregistrée.
Chargement du dilemme…
ou
Les deux propositions changent aléatoirement de côté. Le site ne conserve ni réponse, ni score, ni historique.
Mesure idéologique certifiée par absolument personne
Le Test de Social-Traîtrise
24 questions, quatre axes et une précision politique absolument fictive. Plus l’indice final descend vers zéro, moins le Bégémot détecte de social-traîtrise.
Galerie contributive modérée
La campagne en mèmes™
Des créations proposées par les internautes puis validées humainement. Pas de classement algorithmique, pas de compteur de likes, et aucun fichier image téléversé par le public.
Aucun mème publié dans cette catégorie pour l’instant.
La République dispose encore d’un léger délai.
Outil satirique
Créer un mème
Galerie et création vivent désormais dans la même rubrique. L’éditeur reste une application séparée pour ne pas charger un outil complet quand vous venez simplement regarder les mèmes.
Le Test de Social-Traîtrise
24 questions, quatre axes et une précision politique absolument fictive. Plus l’indice final descend vers zéro, moins le Bégémot détecte de social-traîtrise.